
En Belgique, les associations sans but lucratif (ASBL) ont longtemps été perçues comme exonérées d’impôts, à la différence des sociétés à responsabilité limitée (SRL) qui, elles, sont soumises à l’impôt des sociétés. Cette distinction apparente a contribué à l’essor de nombreuses ASBL, portées par des administrateurs souvent bénévoles et peu familiers avec les subtilités de la législation fiscale.
Dans la pratique, la majorité des ASBL bénéficient encore aujourd’hui d’un régime fiscal favorable, mais cette situation tend à évoluer. Les gouvernements fédéral et régionaux cherchent en effet à élargir l’assiette fiscale et à trouver de nouvelles sources de financement, notamment dans le secteur associatif. Cette volonté s’est traduite par plusieurs réformes récentes et une application plus stricte des règles par l’administration fiscale.
Ces dernières années, plusieurs mesures ont été adoptées pour soumettre certaines ASBL à l’impôt des sociétés, mesure qui entrera pleinement en vigueur à partir de 2026 pour certains cas. En outre, l’interprétation plus rigoureuse des critères de non-lucrativité par l’administration fiscale a pour conséquence que des associations, qui étaient auparavant exonérées, risquent désormais d’être requalifiées et imposées comme des sociétés commerciales.
La combinaison de ces évolutions législatives et du durcissement des contrôles fiscaux place de nombreuses ASBL dans une situation délicate. Pour certaines, il en résulte une pression financière accrue, qui met en péril la poursuite de leurs activités et pourrait même mener à leur dissolution.
La fiscalité des ASBL en Belgique connaît donc une évolution notable, marquée par une volonté des pouvoirs publics d’élargir le champ de l’imposition. Les administrateurs d’ASBL doivent désormais redoubler de prudence et s’informer régulièrement des changements législatifs afin de préserver la viabilité et la mission de leur association.